Le viol masculin existe: choquant, tabou, chimérique, appelez-le comme vous voulez

 

Le viol masculin est une question qui a été soulevé dans la série “Plus Belle la vie”  . Un gros tabou dans la société. Entre moqueries et stigmatisation, peu trouvent le courage d’en parler. Choquant, tabou, intéressant, appelez-le comme vous voulez, mais le viol masculin existe. En gros, il y a eu une intrigue sur le viol masculin, et même si la scène n’est pas explicite, elle est comme même assez choquante.

 

Dans la série “Plus Belle la vie”, on a le flic Patrick Nebout, qui est le père de famille hétérosexuel, commandant de police, personnage qui dégage du respect et de la rigidité, lors d’une interpellation qui tourne mal, on voit un gars qui le menace avec un pistolet, et qui le force à lui faire une fellation, et en fait, on a pas du tout l’habitude de voir l’homme en position de victime, et pour le coup, c’est un tabou.

 

la série "Plus Belle la vie"
la série “Plus Belle la vie”

 

Sur des sites, des vidéos, ou encore dans la vie quotidienne, on a l’habitude de voir d’une perspective standard, la culture du viol et le patriarcat, et c’était toujours autour du viol féminin, mais tous ces stéréotypes de genre et ces constructions sociales affectent aussi le viol masculin. Sur le psychisme des victimes, sur leur visibilité, et également sur la prise en charge.

 

Déjà, la première question à se poser, c’est autour du nombre d’hommes touchés. Selon différentes études menées des pays anglo-saxons, dans les années 2000, sur le nombre des victimes de viols et d’agressions sexuelles, il y avait entre 4% et 7% d’hommes adultes. Il y a aussi une étude du gouvernement français qui explique que, entre 2008 et 2016, parmi les victimes de viol, il y avait 17% d’hommes adultes, et il y a aussi une autre étude américaine qui parle de 38% d’hommes. Donc est-ce que ces différentes études ont la même définition du viol ? Est-ce qu’on compte parmi les sujets, les mineurs, les détenus ? Ou est-ce que certains résultats sont ignorés, parce qu’ils contredisent des études antérieures.

 

Quoi qu’il en soit, on n’en parle pas assez, et notamment parce que les victimes n’osent pas s’exprimer. Donc une des raisons au-delà du traumatisme causé, c’est que cela remet leur virilité en question. Un des victimes avait déclaré « moi personnellement, j’ai des flashs réguliers de ce qui m’est arrivé, ça arrive à n’importe quel moment, et ça arrive aussi pendant les relations sexuelles souvent, du coup ça crée un blocage dans mon cas. Et effectivement là, ça joue au niveau de ma virilité en tant qu’homme. »

 

Si l’agresseur est un homme, cela fait de la victime un gay mais si l’agresseur est une femme, du coup il n’a pas été violé, parce que c’est connu, les hommes ne disent jamais non. Et surtout, une femme n’est pas censée avoir le dessus sur un homme. Alors qu’en vérité, il y a plein de manières de contraindre une personne sans avoir besoin de force physique. On peut, par exemple, utiliser une arme, faire du chantage, genre, une patronne qui fait du chantage à son employé, on peut aussi profiter de son pouvoir économique, comme des femmes occidentales qui profitent de jeunes hommes dans la misère dans les pays pauvres pour satisfaire leurs besoins malades, ou aussi abuser de son autorité, le cas d’une gardienne de prison qui peut rendre la vie impossible à un détenu, et la liste est encore très longue, mais le point est très clair.

 

Le viol masculin est soit invisibilsé, soit moqué. Comme au Congo, le viol est utilisé comme arme de guerre, mais ce qu’on sait beaucoup moins, c’est que parmi les victimes, il y a aussi beaucoup d’hommes, comme ce que montre le témoignage d’une victime « quand ils avaient fini, ils me laissaient là où ils m’avaient violé. Je ne pouvais plus marcher, je ne pouvais même plus me lever. Su le moment, je me disais que j’aurais préféré qu’ils me tuent, plutôt qu’ils me fassent subir ça ».

 

Tout le monde sait que dans les prisons américaines, il y a aussi beaucoup de viols, et d’ailleurs, les séries n’hésitent pas à blaguer là-dessus, avec l’expression « ne fait pas tomber ton savon ».

 

Quand on parle d’hommes ou de femmes, ce qu’il faut vraiment garder en tête, c’est que lorsqu’on parle de viol, on ne parle pas d’amour, de passion ou d’attirance. On parle de briser et de rabaisser quelqu’un, ou d’asseoir une domination. Et c’est précisément pour cela qu’il n’y a absolument aucun sens de poser des questions par rapport à la tenue de la personne, l’heure ou le lieu du viol.

 

Il y a beaucoup de personnes qui pensent à tort que le féminisme se fout du viol. D’ailleurs des hommes, parfois un peu sur la défensive, que lorsque des féministes parlent de victimes de viol des femmes, ils répondent à chaud que les hommes sont aussi violés.  Donc, déjà il faut savoir que l’écrasante majorité des victimes de viol sont des femmes, et que l’écrasante majorité des agresseurs d’hommes, de femmes ou d’enfants, restent des hommes.

 

Mais, pour autant le féminisme se bat contre les stéréotypes du genre, et la masculinité toxique. Car c’est justement cette masculinité toxique, qui empêche les hommes de s’exprimer, de chercher de l’aide, d’être compris, et de pouvoir dire qu’ils souffrent en fait. Cela les empêche également d’obtenir une oreille compréhensive, bienveillante et d’obtenir justice.

 

Dans la définition de la loi belge, on ne reprend pas les situations où un homme est forcé de pénétrer une personne, ou lorsqu’il est forcé de masturber une autre personne, cela rentre dans l’agression sexuelle, et les peines sont moins lourdes.

 

En tout cas, nous espérons que cet article vous aura donné des éclaircissements, n’hésitez pas à partager votre avis avec nous, car c’est un sujet qui est très peu abordé.

 

 

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